Grande Muraille de Chine : un lever de soleil mémorable

Publié le : 17 mars 20235 mins de lecture

Animal de solitude, les foules le détournent du partage « complet » du moment et si vous préférez les rencontres « intimes », cet article est fait pour vous. De toutes les joies qu’on porte dans le cœur, celle d’avoir eu le privilège d’assister au lever du soleil sur la Grande Muraille de Chine (长城), est définitivement dans le top 5 !

La Grande Muraille de Chine est souvent comparée à un dragon de 8 850 km de long dont la tête est à Pékin et la queue dans le désert de la province de Gansu, le long de la Route de la Soie ; il y a une vingtaine de sections ouvertes au public, très différentes les unes des autres par l’époque de construction, l’état de conservation, et surtout le paysage environnant, dont on a visité trois des plus connues : BADALING, MUTIANYU, SIMATAI.

Les sections BADALING, MUTIANYU, SIMATAI

À 80 km au nord-ouest de Pékin se trouve la section la plus visitée, celle de BADALING, fortement restaurée dans les années 50, attire des millions de visiteurs par an, en été elle est complètement « couverte » de touristes et il ne reste que très peu des murs d’origine ; la section de MUTIANYU se trouve au contraire à environ 70 km au nord-est de la capitale, et est l’une des sections les mieux conservées, mais elle aussi, en raison de sa proximité avec Pékin, est très visitée.

Cependant, s’il est vrai que ceux qui visitent Pékin ne peuvent éviter de visiter la Grande Muraille de Chine, il est également vrai qu’il existe des moyens de connaître ce « colosse », inscrit par l’UNESCO parmi les sept merveilles du monde. Ainsi, après la visite « bondée » de Badaling et Mutianyu, l’idée d’un tête-à-tête avec le tronçon de la Grande Muraille de Simatai qui se trouve à 120 km au nord-est de Pékin.

Ce tronçon est moins connu que Badaling ou Mutianyu, il est donc beaucoup moins fréquenté ; de plus, sa structure est très similaire à celle de l’original, les marches sont raides, les chemins difficiles et très pentus. Louer un bus privé pour emmener un groupe improbable d’amis de différentes nationalités jusqu’au Mur est assez simple, les chauffeurs s’arrêtent souvent devant les hôtels ou devant l’Université.

Grande Muraille de Chine : une rencontre mémorable

C’est ainsi qu’une nuit de mai, il y a plusieurs années, on est parti pour Simatai ; il a fallu environ deux heures, à l’arrivée il faisait encore nuit noire, et le froid et le vent coupaient le visage. L’ascension commence ainsi, pas vraiment facile, mais on n’a pas baissé les bras, on est un groupe improbable, mais bien organisé ! Chacun avec sa propre torche et discrètement couvert, pas à pas, dans l’obscurité, le froid, des sections très bosselées, des différences de niveau importantes et surtout une pente extrême, parfois en trébuchant sans aucune honte… on arrive.

On n’est arrivé à la Grande Muraille de Chine, une rencontre très intime et surréaliste, dans l’air résonne l’écho des rires gras, et un nombre indéfini de photos immortalisent l’instant. Enfin, le moment arrive, chacun prend dans le sac à dos son petit-déjeuner, jus de fruits, snacks, biscuits, lait, rien ne manque, après tout, vous savez, ce n’est pas un matin sans petit-déjeuner, et on se positionne, tous assis dans un silence religieux, les yeux fixés, on est prêt à profiter du spectacle…..

C’est l’aube… la lumière éclaire peu à peu les points les plus éloignés de la muraille, et le dragon se montre aux yeux dans toute sa splendeur, grimpant sinueusement sur les montagnes, on le distingue parfaitement alors qu’il devient de plus en plus petit au loin ; les fréquentes tours de guet surplombant les sommets des montagnes, font du tronçon de Simatai vraiment l’un des plus spectaculaires. L’air n’est pas étouffant comme lors des chaudes journées d’été à Badalin, ni humide et épais comme à Mutianyu, mais frais, clair et propre.

On ne perçoit plus l’odeur de la guerre, de la peur, de la mort, la Grande Muraille de Chine n’est plus aux yeux le plus grand ouvrage de défense construit, mais seulement la démonstration que l’homme sait s’unir à la nature pour créer de grandes œuvres, des ajustements parfaits, et paradoxalement on ne peut s’empêcher de ressentir un immense sentiment de paix, on ne peut s’empêcher de se sentir privilégié devant une telle grandeur, une telle beauté.

S’il y a des moments parfaits, le lever du soleil à Simatai a été l’un de ces moments : tant de sérénité, de joie, de partage, de beauté, de pure amitié et pour un instant ce sentiment devant un tel spectacle de se sentir au centre du monde.

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